La démarche 5S souvent considérée comme » un projet des chefs » n’a que peu de chance d’aboutir à des résultats durables.
S’il est indispensable que le haut management soit présent au moment de la mise en œuvre du chantier « test » pour expliquer aux protagonistes, en quoi cette démarche va participer à l’atteinte des objectifs de l’entreprise(Vision), et quels résultats visibles sont attendus, Il est primordial de laisser une complète autonomie aux opérateurs quand aux actions à mettre en œuvre.
La première motivation des personnes qui participe à la mise en place des 5S est souvent liée a l’autonomie dont ils vont disposer et qui leur permettra d’être innovant. Cette situation doit leur permettre de s’arrêter et ainsi de prendre du recul sur leur activité avec comme point d’orgue la mise en place d’actions d’amélioration….
Le chantier 5S ainsi abordé doit être une occasion de situer directement l’impact de son action au sein de processus global de l’entreprise. A terme, cette analyse évitera que toutes les suggestions apparues dans les différents groupes ne renvoient invariablement le problème vers les services supports qui « n’ont qu’à faire leur travail » …
Cette démarche va amener à la mise en place de réforme dites « faciles » mais souvent spectaculaires et qui vues par le client sont les plus naturelles et évidentes. L’indicateur qui permet de reconnaitre l’action essentielle est le faible taux de résistance de l’ensemble des gens concernés.
Pour la première fois le personnel va avoir une approche « cognitive » des problèmes mis à jour et non plus uniquement une vision technique. Chaque cellule va ainsi progresser à son rythme et s’initier progressivement à la démarche de résolution de problème.
Chacun dans cette cellule devra apprendre à :
- S’appuyer sur des faits et des données.
- Assurer la transparence des chiffres.
- Faire ressortir les problèmes pour les traiter et ne plus les cacher.
- Respecter les standards mis en place dans le domaine de la vie en commun.
- Se sentir responsable d’une situation anormale.
Si cette démarche s’appuie sur le postulat que l’atelier est le reflet du management de toute l’entreprise, la saleté, l’encombrement, les pièces inutiles seront les signes des dysfonctionnements à régler. En supprimant ces symptômes et leurs causes dans le bon ordre, nous nettoierons progressivement l’entreprise de tout ce qui entrave son bon fonctionnement. Les 5S seront ainsi vécus comme une opportunité et non plus comme une contrainte.
Il reste maintenant à affecter à chacun des 5 « S » une règle de conduite a tenir qui va bien au delà de la simple traduction qui nous en est souvent faite….. C’est ce que nous verrons dans les prochains articles.
(Février 2013)